Baptême du Seigneur

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Le baptême du Seigneur

Aujourd’hui nous sommes le dimanche du Baptême du Seigneur, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe  (55, 1-11)
  • Cantique Isaïe 12, avec comme refrain : « Exultant de joie, vous puiserez le eaux aux sources du salut ! »
  • Lecture de la lettre première lettre de saint Jean (5, 1-9)
  • Évangile de saint Marc (1, 7-11)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur. Ce dimanche inaugure la vie missionnaire du Christ. Par ailleurs, il appartient encore au cycle épiphanique donc il est comme la clôture, avec son épiphanie où manifestation particulière ! Jésus caché pendant 30 ans et maintenant manifesté comme Messie. On pourrait parler d’un dimanche « charnière ». Il Passe de la vie cachée du Christ à sa vie publique. Il faut y voir cependant plus qu'une simple transition. C'est le passage important, le moment clé ou le Christ est manifesté comme fils du Père, comme Messie envoyé pour nous libérer et proclamer notre propre dignité de fils et filles de Dieu. 

C'est l’évangéliste Marc, par le plus ancien des évangiles, qui nous rapporte de manière succincte ce récit du baptême du seigneur. Pourtant l'essentiel s'y trouve. Le récit est précédé d'un flash sur Jean le Baptiste, précurseur et cousin de Jésus. Le prophète Jean était en train d'accomplir sa mission : préparer le peuple à accueillir le Messie promis à Israël, et cette préparation supposait une conversion, une pénitence, le geste capital pour marquer cet engagement était le baptême. Tous les peuples venaient vers lui se faire baptiser. On peut dire que le baptême de Jean Baptiste avait une valeur pénitentielle. Et c’est ce qui peut heurter plus d'un lecteur de l'évangile de ce matin. Pourquoi Jésus se fait-il baptiser par Jean le Baptiste ? Aurait-il à se reprocher quelque chose ? Avait-il des péchés à se faire pardonner ? Nous savons que c'est lui le Saint des Saints. C'est toute la particularité de cette fête, Jésus est le Saint de Dieu. En participant au baptême de Jean comme tout le peuple, il se fait solidaire de ce peuple qu'il devait sauver et libérer dans sa démarche de conversion. Il épouse sa condition de pécheur, Condition dans laquelle il devait la délivrer. Le Christ démontre par ce fait qu'il n'aime pas le péché, mais le pécheur, surtout lorsque celui-ci est dans une démarche de conversion.

La fête de ce jour est à mettre dans le sillage de l'incarnation et de la rédemption. Cet enfant Dieu de Noël, c'est lui qui devait aussi sauver et délivrer le peuple du péché et du mal. On ne peut pas sauver et délivrer des gens si on ne sait pas se mettre à leur niveau. Rappelez-vous l’épître aux philippiens (2, 1-11) «… Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.  Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect… ». Le Christ a assumé cet abaissement déjà à travers sa naissance, aujourd'hui par son baptême et de façon plénière dans sa passion-mort-résurrection. C'est pourquoi à travers son baptême, il fait acte d'humilité, se solidarise avec les pécheurs et bien plus que cela, il prend sur lui tout le poids de la misère humaine. Comme le dira Paul : « celui qui n’avait pas connu le péché, il l’a, pour nous, identifié au péché, afin que par lui, nous devenions justice de Dieu ». (2C5,21).

Au moment où il sortait du Jourdain, où il se reconnaissait l'un des nôtres, Jésus eu l’expérience mystique de la plus haute intensité. Il vit le ciel, ce ciel muet, sombre qui pesait sur le peuple d’Israël au point qu’Isaïe criait : « Ah, si tu déchirais les cieux ! ». Il vit le ciel se déchirer, un coin bleu apparaît annonciateur des jours meilleurs. Il vit l'Esprit Saint, l'esprit du Père descendre sur lui comme une colombe. Avant de baptiser dans l'Esprit Saint comme vient de le proclamer Jean, Jésus lui-même est baptisé et plongé dans l'esprit du Père. Son humanité est saisie, prise par l'esprit de Dieu. c'est une véritable Pentecôte qui va lui pousser dans sa mission. et pour bien l’authentifier, du ciel une voix, Dieu lui-même, se fit entendre. La voix s'adresse à Jésus. Le Père lui dit :  « Tu es mon fils bien aimé; en toi je trouve ma joie. ». Si Jésus en tant qu’homme pouvait encore hésiter dans sa mission, Dieu balaie ses hésitations par un mot d'amour, un mot de confiance, un envoi en mission. Cette voix s'adresse à Jésus, mais elle se fait entendre de tous. elle me parle donc à moi aussi pour m’avertir, de ne pas passer, indifférent à côté de lui. Pour l'écouter, le laisser entrer dans ma vie. 

Quels enseignements Retenir de ce dimanche du baptême de Jésus : 

  • Le premier, est comme Christ, faire acte d'humilité, en se mettant au diapason des autres, dans notre marche vers la pénitence et la conversion.  Jésus a été solidaire des pécheurs, nous aussi au lieu de nous faire passer pour des donneurs de leçons et des saints invétérés, demandons la grâce de prendre conscience de nos propres limites et faiblesses, de considérer les autres comme des pécheurs en marche vers la conversion et faire ensemble le chemin vers la rencontre du fils bien-aimé du Père qui vient nous sauver.
  • Le deuxième enseignement est d’accueillir la grâce du baptême de Jésus, baptême dans l'Esprit Saint, de prendre conscience de nos promesses baptismales pour mieux vivre et s'engager dans la mission du fils bien-aimé du Père, dans l'Eglise, au service du frère et relatives à l'authenticité de notre baptême.
  • Le dernier enseignement est, par le baptême comme Christ, nous aussi recevons l'adoption du Père :  « Tu es mon fils bien aimé ; en toi je trouve ma joie. ». la question que nous devons nous poser est : « qu'avons-nous fait de notre baptême ? ».

DIEU RESTE FIDELE !

ET IL N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA