Homélie du Père

Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta Loi délivrance

2ème Dimanche du Temps Ordinaire

Aujourd’hui nous sommes le deuxième dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du Prophète Isaïe  (62. 1-5)
  • Psaume 95, avec comme refrain : « Racontez à tous les peuple les merveille du Seigneur ! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Corinthiens (12, 4-11)
  • Évangile de saint Jean (2, 1-11)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur ! Après avoir vécu avec fruit le temps de Noël qui a pris fin avec la solennité du Baptême du Seigneur, l’Eglise, notre mère, reprend la marche ordinaire. En ce deuxième dimanche, la méditation va porter sur le texte de noces de Cana qui fait partie du deuxième lumineux joyeux retenu dans la méditation de notre Rosaire. La lumière de Gloire de Jésus,  resplendit dans ce texte. Le rôle de Marie Médiatrice est mis en lumière. Les chrétiens sont appelés désormais à écouter et à faire ce que Jésus nous dit, à faire confiance.

Peuple de Dieu ! à travers l’évangile du miracle de Cana, Dieu, par Jésus, sauve une fête qui aurait pu devenir une catastrophe. Nous sommes dans un mariage, une alliance, même si les époux ne sont pas nommés fondamentalement. Nous estimons spirituellement que c’est l’alliance de Jésus avec son peuple. Il vient le délivrer de la grisaille, de la souffrance, de la maladie, de la mort et du péché. Jésus invité, tout comme ses disciples, sera pourtant l’acteur principal de ce miracle. Oui, sa présence pourtant est discrète, mais efficace. Tout cela par l’action, l’intersection de la Vierge Marie.

Jésus s’invite dans l’histoire’ sinueuse des hommes et la délie. Il procure la joie là où la tristesse et le désespoir menacent de s’installer. Le couple de marié manque de vin, une des choses essentielles de la fête des noce. Marie, la mère de Jésus, avec la sensibilité féminine qui la caractérise, ne fait pas que constater : « Ils n’ont plus de vin ». Bien plus, elle intercède auprès de son fils, le prie d’y remédier, permet par ce geste d’asseoir le ministère débutant de son fils, d’autant plus que le miracle de Cana compte parmi les premiers signes de Jésus. Marie intercède, fait le pont. Elle ne s’interpose pas . Elle porte l’humanité à l’obéissance envers son fils : « Faites ce qu’il vous dira ». Marie est tellement dans le secret de son fils, qu’il ne s’embarrasse pas pour lui faire une réponse pourtant déconcertante : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue ». 

Qui mieux que Marie peut donner l’heure de Jésus ? s’ouvrir à son mystère d’amour. Ce texte nous retrace la place de Marie. Elle est médiatrice de la grâce auprès de son fils. Avons-nous conscience de cela ? Donnons-nous leurs véritables places à nos prières ? 

L’attitude de Jésus révèle la Gloire de sa divinité. Il demande aux disciples de remplir les jarres d’eau, autrement dit : de faire la part humaine. « Dieu nous a aimés sans nous, il ne peut pas nous sauver sans nous », comme disait Saint-Thomas d’Aquin. L’intervention de Jésus dans l’histoire des hommes n’est pas un acte magique. Il suppose la foi, il crée la loi. L’homme doit participer au remplissage de la jarre de sa vie : « Aide-toi et le Ciel t’aidera ! ». Il doit participer à son miracle car ce n’est que dans ces conditions que le miracle est possible.

En effet, Jésus ne change pas l’eau en vin, mais en bon vin, un vin de qualité supérieure comme n’en ont jamais goûté les invités. Ce millésime divin devrait mettre l’eau à la bouche. Je parle ici aux médocain, je pèse mes mot. Dieu aime la fête, il s’en réjouit. Il ramène la joie à ces noces. Quand Il est de la partie, il y a toujours l’abondance, la profusion. Avec Lui c’est la promesse que le meilleur est à venir. Il ne compte pas, il ne pense pas aux excès, à l’ivresse, au gaspillage, ni au mauvais usage que l’homme pourrait faire de ses largesses.

Alors, résistons à la grisaille des temps actuels polarisés par le dictat de la pandémie et de ses règles. Résistons à la tristesse, à la morosité et l’incertitude de l’avenir qu’il génère.

Jésus, Toi le Grand Cru,

Donne-nous d’y puiser pour remplir les jarres

De nos vies, de nos amitiés et de notre quotidien.

Car :

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA