Homélie du Père

Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta Loi délivrance

Pentecôte

Aujourd’hui nous sommes le dimanche de la Pentecôte, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre des Actes des Apôtres  (2, 1-11)
  • Psaume 103, avec comme refrain : « Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre! »
  • Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains (8,  8-17)
  • Séquence
  • Évangile de saint Jean (14, 15-16.23B-26)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, cinquante jours après la Pâques, nous célébrons la solennité de la Pentecôte. Le don de l’Esprit Saint aux apôtres, la fin de la présence physique de Jésus et la naissance de l’Eglise, assemblée des fidèles convoquée par le Christ et conduite par son Esprit. Au cours de cette Eucharistie, nous sommes réunis, comme les disciples dans l’attente de l’Esprit.

Dans l’évangile de Jean soumis à notre méditation de ce jour, nous méditons sur la promesse que Jésus a faite à ses disciples, promesse de l’Esprit Saint : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous ». Jésus ne laisse pas ses disciples orphelins, il leur fait don de son Esprit, cet Esprit qui leur « enseignera tout ».

Dans la première lecture des Actes des Apôtres, se trouve décrite la manifestation de la venue de l’Esprit Saint. C’est justement dans cette écriture que nous trouverons l’inspiration de notre réflexion de ce dimanche. Le jour de Pentecôte, le peuple s’est retrouvé dans sa diversité à Jérusalem. Les disciples étaient calfeutrés dans une maison où ils eurent la grâce de l’effusion de l’Esprit Saint. Tous furent remplis de l’Esprit et se mirent à parler en d’autres langues et chacun « selon le don de l’Esprit ». Nous sommes attentifs d’emblée à cette chose « le don des langues ». Celui-ci a été donné à chacun des disciples, dans leurs diversités et dans le seul but de proclamer les merveilles de Dieu, de façon que toute la foule assemblée pouvait les entendre dans sa langue maternelle : La grâce de l’Eprit Saint, l’Esprit de Pentecôte, est celle de « l’unité dans la diversité ». C’est celle de l’universalité. Le don des langues est fait à tous le disciples, dans le but d’évangéliser et dire les merveilles de Dieu. C’est à tous les peuples rassemblés à Jérusalem en ce jour, qu’est donnée la capacité d’évangéliser dans leurs langues maternelles : d’où l’émerveillement : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas des galiléens ? Comment se fait-il que chacun d’entre nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? ». Miracle de Pentecôte, l’Eglise, du matin de Pentecôte, trace d’emblée son identité. Elle est enracinée dans le Christ, portée par l’Esprit dans toute sa diversité. Elle est appelée à se répandre à travers le monde. Il est donné, à tout homme, l’occasion d’entendre les merveilles de Dieu, de confesser la foi chrétienne dans sa propre langue.

Cette Eglise se veut être une et apostolique, reçue de apôtres le jour de la Pentecôte. Ainsi donc, le décor est planté par la Pentecôte. Ce qui est fondamental, c’est de prendre conscience que le travail d’ordonnancement de l’Eglise naissante, est tout à l’honneur du Saint Esprit. C’est lui qui fait le lien entre Père et Fils. C’est lui qui unit tous les hommes autour du Seigneur.

En ce jour de la Pentecôte, nous allons demander aussi au Seigneur la grâce de s’émerveiller devant l’unité de son Eglise. Quelles que soient nos diversités d’origine ou de mission. Dieu fait don à chacun de son Esprit, Dieu nous fait confiance à tous. La solennité de Pentecôte tranche alors avec l’intuition de Babel. A Babel, la diversité des langues a servi à diviser le peuple pour l’empêcher de réaliser son projet orgueilleux. A la Pentecôte, les langues sont facteurs d’unité et une richesse pour l’évangélisation. L’Eglise qui nait au matin de la Pentecôte n’est donc pas sectaire, elle n’est pas rongée par les « égos ». Elle est portée par l’Esprit Saint, qui, intègre, unit et réunit. Demandons la grâce, de cet esprit, pour combattre entre nous et au-dedans de nous, les divisions qui manifestent encore en nous « l’emprise de la chair ».

Puisque, comme le dit Saint Paul dans l’Epitre aux Romains :

 « Vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, 

mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu est en vous ».

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA