8ème Dimanche du temps ordinaire

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Homélie du 27 février 2022

Aujourd’hui nous sommes le huitième dimanche du Temps Ordinaire, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre de Ben Sira le Sage (27, 4-7)
  • Psaume 91, avec comme refrain : « Il est bon, Seigneur, de te rendre grâce ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (15, 3-4. 8-11)
  • Évangile de saint Marc (10, 37-42)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, en ce huitième dimanche du Temps Ordinaire, l’Eglise, notre mère poursuit son enseignement exigeant à la suite du Christ. L’évangéliste Luc a ajouté aux Béatitudes une suite de propos et de sentences que nous avons lus dimanche dernier autour du thème du pardon et de l’amour des ennemis, singularité de la foi chrétienne.

Aujourd’hui il nous invite à l’humilité et à la vérité. A travers une suite de proverbes glanés çà et là, comme un puzzle sans lien strict entre eux. Il nous sert des paraboles ou des contes dans un discours imagé et d’un genre sapientiel :

  • L’aveugle guidant un autre, le Maître et le disciple, la paille et la poutre, l’arbre et ses fruits.

 Ces parabole ont toutes un dénominateur commun. Elles invitent, chacun à prendre conscience de sa vraie identité :

  • Que l’aveugle se reconnaisse comme tel avant de s’ériger en enseignant.
  • Que le disciple se mette à l’école du Maître, avant de devenir comme lui.
  • Que le juge prenne conscience de la poutre qui est dans son œil, avant de juger et de desceller la paille qui est dans celui de l’autre.
  • Les fruits ne sont qu’à la ressemblance de l’arbre qui les produit.

Comment ne pas voir, à travers toutes ces maximes, l’application de la Règle d’or : « Ne faites pas à autrui, ce que vous ne voudriez pas que l’on fasse pour vous ». L’exigence de la vérité est mise en valeur : Prendre conscience de ce que nous sommes et vivre de cela. C’est un travail qui requiert de l’humilité pour se connaître et s‘accepter. Or beaucoup d’entre nous, sont malheureusement dans la dimension de l’hypocrisie que Jésus fustige dans cet évangile. (Hypocrisie vient du mot grec hypocritein qui signifie « porter un masque »). Un hypocrite porte un masque, ce qui le caractérise est le mensonge, la dissimulation, l’apparence, à la place de l’être. 

Chacun de nous, à la suite du Christ, est appelé à être et à se reconnaître sa place, à se mettre à sa place. C’est une exigence de cohérence et de vérité. Aujourd’hui notre Eglise est truffée de croyants en bal masqué. Or, lorsqu’un vase est plein, il n’a plus besoin de rien. L’attitude chrétienne est une invitation à l’humilité pour grandir. Cette humilité caractérise le Service dans l’Eglise, car la responsabilité, en régime chrétien, n’est pas un pouvoir sur les autres, il est plutôt Service. Le responsable n’est pas appelé à poser sur autrui sa volonté de puissance. Il est serviteur, un serviteur est toujours à l’école, un serviteur est toujours en croissance. C’est pourquoi il a besoin de prendre conscience de ce qu’il est, de ce qu’il vaut. Il a besoin de se recevoir des autres et de se recevoir du Tout Autre, Dieu :

  • Prendre conscience de notre cécité, avant de guider les autres.
  • Faire attention à la poutre de notre œil, avant de s’ériger en juge.
  • Ne pas se croire Maître, alors que l’on est encore disciple.
  • Ne pas se prendre pour l’arbre et être en cohérence avec lui, pendant que l’on est encore fruit, c’est-à-dire descendant.

Toutes ces attitudes nous invitent à l’humilité, à la vérité sur nous-mêmes et sur les autres. 

Oui, Chers Frères et Sœurs, la vie chrétienne nous remet en question. Elle est d’abord exigence pour nous-mêmes, avant de l’être pour autrui. Cette vie est en croissance. Mais si nous vivons dans l’hypocrisie, dans l’apparence et dans le mensonge sur notre identité profonde, nous sommes les plus à plaindre.

A la suite du Christ, découvrons le sentier de l’humilité et de la vérité

Pour manifester la cohérence de notre foi.

Demandons au Seigneur d’enlever nos masques 

pour rester vrais devant lui et devant nos Frères

DIEU N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA