1er Dimanche de carême

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Messe du 6 mars 2022

Aujourd’hui nous sommes le premier dimanche du Temps Carême, la liturgie nous invite à méditer sur les textes suivants :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe (6, 1-2a.3-8)
  • Psaume 137, avec comme refrain : « Je te chante, Seigneur, en présence des anges ! »
  • Lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens (15, 1-11
  • Évangile de saint Luc (5, 1-11)

Peuple de Dieu ! Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur, aujourd’hui l’Eglise notre mère, célèbre le premier dimanche de Carême ; temps de préparation, de conversion, pour mieux accueillir l'évènement fondateur et constitutif de notre foi, à savoir la Pâque du Seigneur Jésus (sa mort et sa résurrection pour le salut du monde).

L’imposition des Cendres, de mercredi dernier, est là pour nous rappeler notre finitude, notre petitesse devant lui et partant la nécessité de recourir à la grâce du Seigneur pour être sauvé. Le timing de quarante jours est donné, il nous rappelle les quarante d’exode du peuple d’Israël, comme nous le rappelle la première lecture : quarante jours passés par Jésus dans le désert. Le Carême est foncièrement un temps de grâce, temps de désert et temps d’épreuves, qui permet aux chrétiens en marche ver Pâques de se renouveler. La recette est précisée, elle se tient sur un trépied : les trois « P » : Pénitence, Prière, Partage.

En effet, si le temps de Carême, à travers l’Ecriture Sainte qui raconte les grandes interventions de Dieu envers son peuple. En ce dimanche, l’auteur sacré du livre du Deutéronome, nous fait contempler le noyau de ces interventions : Pâque juive, la libération de l’esclavage de l’Egypte : « Mon père (sous-entendu Abraham, le père de la foi) était un araméen nomade qui descendit en Egypte, il y vécut en émigré avec son clan. C’est là qu’il devint une grande nation puissante et nombreuse ». Les Égyptiens nous ont maltraité et réduit à la pauvreté. ils nous ont imposé un dur esclavage. Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions dans la misère, la peine et l’oppression. Le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte à main forte et à bras étendu, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges. Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel. ».

Cet acte de foi, prononcé par le juif pieux, quand il venait présenter les prémices de ses récoltes, en reconnaissance de ce qu’il devait au Seigneur. Simplicité touchante, foi profonde du juif qui se sait débiteur de Dieu et lui fait une action de grâce, acte de foi qui nous préparait celui du Nouveau Testament, que Paul nous résume dans la deuxième lecture : « En effet, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. ». Saint Paul nous dit que la réussite de nos vies « tu seras sauvé » vient uniquement de Jésus. Deux actes de foi prononcés par la bouche et par le cœur. Les deux se tiennent ; si je suis pris par le Christ (de cœur), je le proclame (de bouche) ; inversement, je ne puis proclamer être un témoin (de bouche) sans en être profondément saisi (de cœur). C’est ainsi que l’on devient juste, c’est-à-dire en harmonie avec Jésus.

 Peuple de Dieu ! C’est donc ce même Jésus, que l’évangile de Luc nous présente après son baptême, rempli de l’Esprit, il va au désert pour être tenté par Satan. Si le temps de Carême est foncièrement un temps de désert, il est aussi temps de tentation et d’épreuves. Alors la pédagogie et l’attitude de Jésus dans cet évangile, peut nous inspirer. Nous sommes d’emblées heurtés par le fait qu’il soit tenté alors qu’il vient d’être baptisé et rempli de l’Esprit. Comment comprendre la réalité du mal dans la vie d’un chrétien ? des hommes assidus à la prière ? d’un homme nourrit entretenu par les sacrements ? Oui, Chers Frères et Sœurs, justement, Satan, le diviseur, le diabolos, s’emploie à détruire l’œuvre de Dieu, dans sa destinée, en tout homme. Il se sert des mêmes méthodes que lui l’évangile, nous voyons qu’à chaque tentation il cite la parole de Dieu qu’il déforme puisqu’il est le spécialiste du mensonge. L’essentiel pour nous est d’être conscients de son travail de sabotage. Et, comme Jésus, nous devons l’affronter par la force des sacrements qui nous impriment son Esprit et nous rend forts devant l’adversité. Et, comme le Christ, l’autre arme pour combattre Satan, est la Parole de Dieu. Le chrétien doit être familier de la Parole de Dieu et de sacrements, comme armes efficaces et efficientes de salut contre Satan et le mal en ce temps de Carême. Sans oublier le jeûne et la prière, puisqu’il est dit de Jésus qu’il jeûna et pria pendant quarante jours avant d’être tenté par le diable.

Par ailleurs, il est important pour nous de méditer sur le type de tentation portées contre Jésus qui sont de trois ordres :

  1. La tentation de « l’avoir » : « il eut faim. Le diable lui dit alors :  « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. ». Jésus eut faim, comme Israël au désert qui avait murmuré, mécontent de devoir vivre dans l’austérité », de n’avoir plus de marmite de viande comme en Egypte. Israël voulait « avoir », Jésus veut « être ». « L’homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Aujourd’hui encore, la tentation de l’argent, de l’avoir, de la possession nous taraude l’esprit : travailler plus, gagner plus, posséder, thésauriser. C’est à quelle fin, si notre culte de la possession, notre apostolat de l’argent nous bouche l’horizon du Dieu et du frère.

  1. La deuxième tentation, celle du « paraître : « Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit :« Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ». C’est la tentation du paraître, au lieu d’être, la tentation du prestige, de la gloire et du succès, le vertige de nos ambition. Jésus répond : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. ». Cette tentation du paraître est encore récurrente dans notre société. Elle fait le lit de l’hypocrisie et du « m’as-tu-vu » dans nos relations humaines. Elle nous prédispose à asservir les autres à nos propres fins.

  1. La troisième tentation est celle du « pouvoir » : le démon l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montra en un instant et lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. ». Cette tentation est celle du pouvoir, de la domination qui tranche avec le Service et la gratuité. Tout cela je le donnerai « si tu te prosternes pour m’adorer », autrement dit, si tu abandonnes le Créateur Dieu, pour adorer la créature, la richesse et l’argent… Tout comme Israël avait abandonné Dieu pour adorer le Veau d’Or. Chers Frères et Sœurs, encore de nos jours, beaucoup d’entre nous, ont vendu leurs âmes pour l’appât du gain, dans les sociétés secrètes. Beaucoup asservissent et spolient le autres dans le seul but de faire asseoir leur pouvoir. Le temps du Carême est un appel à tous de faire face à ces triples tentations, par le partage et l’authenticité de la vie chrétienne et du Service.

DIEU, lui

N’ABANDONNE PAS SON PEUPLE

C’est pourquoi il nous donne ce temps de renoncement, 

de renouvellement et de refondation

Amen

Votre Frère, 

Abbé Chris Brunel GOMA